L’emprisonnement à vie c’est bien, mais ce que je veux aujourd’hui, c’est votre mort !

kmers rougeskmers rouges

Kosal ne dort jamais quand il pleut. Ce son rythmique résonne comme un espion khmer rouge. Une nuit de mousson, il avait comme mission de faire semblant de jouer avec les enfants de son âge pour ensuite délivrer leur secret auprès de ses chefs, khmers rouges, Kosal n’avait alors que six ans. A cet âge déjà, Il n’avait deja confiance en personne « nous savions que nous nous espionnions mutuellement” dit-il.

Quarante ans plus tard , Kosal n’a toujours confiance en personne. ” Je ne sais pas qui est qui, qui est mauvais ou qui est bon. Je ne me sens pas en sécurité parce que peut-être qu’ils (Khmers rouges) sont tout proche de moi “.

Comme beaucoup d’autres Cambodgiens, Kosal souffre de TSPT (Trouble du Stress Post-Traumatique) : des traumatismes, qui, selon certaines études, démontrent que près de 30 pour cent des survivants du régime communiste en souffrent.

Son premier cauchemar a commencé il y a 40 ans, précisemment le 17 Avril 1975, jour de l’entrée triomphale des Khmers rouges dans la capitale, après avoir remporté une guerre civile avec le gouvernement qui aura duré cinq ans.

«Mes parents ont commencé à ramasser des objets. Nous avons dû marcher longtemps, sans nourriture, j’avais très faim », se souvient-il.

Toutes les villes ont été évacués et les Cambodgiens étaient exclusivement destinés aux travaux agricoles où ils travaillaient de l’aube jusqu’au crépuscule, la nourriture était contrôlée et rationnée. La plupart ne mangeaient que deux fois par jour, la même soupe de riz avec quelques légumes et du poisson séché.

Roeun avait une fille de 10 ans lorsque les Khmers rouges ont pris Pursat où il a vécu. Le lendemain, ses parents ont été arrêtés et il ne les a jamais revus.

Pendant les années suivantes, la survie est devenu son obsession. Aujourd’hui encore, Ses rêves décrivent quelqu’un qui vient pour le tuer et il ne peut y échapper.

 

Mission gouvernementale de recherche sur le génocide

Mission gouvernementale de recherche sur le génocide

 

“Un jour, on m’a envoyé dans la forêt pour ramasser de la nourriture . Quand je suis revenu, tout le monde était mort. Si j’étais reste, je serais parmi l’un d’eux, “, se rappelle Norn.

Dans des nuits plus douces, Norn voit ses parents, couchés sur le porche de sa maison, comme ils avaient l’habitude de le faire avant l’arrivée des khmers rouges. “Je ne sais pas où ils les ont emmenés. Ils ont dit qu’ils avaient été tués, mais je n’ai jamais pu voir leurs corps”, se souvient-elle.

“Quand on me la annonce, dit-elle, j’ai pleurais et je me suis faite arrêter. Ce n’est pas la seule famille qu’elle a perdu, ses quatre sœurs sont également mortes par surcharge de travail, manque de nourriture ou encore emportée par la maladie.

“Des rêves incessants et qui epuisent”, dit-elle.

Aujourd’hui elle peine a travailler. «Je ne peux pas me concentrer et mes jambes ne répondent que par la fatigue».

Depuis mai 2014, elle consulte regulierement un psychologue pour l’aider à soulager sa colère. «Je veux me venger. Je me sens triste et en colère. Il n’y avait aucune raison de les tuer, ce n’était que des paysans,” dit-elle, les yeux en colère.

Il n’y a pas de consensus sur la portée du TSPT au Cambodge. Toutefois cette prévalence est nettement plus élevée que dans les autres scénarios post-conflit comme le Kosovo (17,1% pour les Albanais) ou encore le Guatemala.

Les principales conséquences sont le manque de sommeil, la méfiance, l’apathie ou encore la fatigue.

En Août dernier, le tribunal a rendu son verdict le plus important contre les deux principaux dirigeants encore en vie, Nuon Chea et Khieu Samphan , qui ont été condamné à la prison à vie pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Mais pour beaucoup, comme Norn, cela ne suffit pas: «L’emprisonnement à vie c’est bien, mais ce que je veux aujourd’hui, c’est votre mort !”.

portraits de victimes des khmers rouges

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Cédric

Responsable chez cambodge.eu
Expatrié au Cambodge depuis 8 ans et passionné par ce merveilleux pays, je propose aux lecteurs, par le biais de différents articles, les dernières actualités du royaume, mais aussi des avis et critiques sur les Restaurants et Hôtels du royaume.
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1 Comment on "L’emprisonnement à vie c’est bien, mais ce que je veux aujourd’hui, c’est votre mort !"

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