Chantan face aux colosses de l’industrie du textile..

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Depuis plus de 20 ans, cette jeune cambodgienne, mère de 8 enfants, est originaire d’un petit village où elle cultivait le riz jusqu’à la mort de son père; elle est aussi travailleuse syndicaliste dans l’industrie du textile au Cambodge. Chantan a osé défier, non sans une certaine réussite, les colosses des grandes marques..

Ouvrières textiles phnom penh

Ouvrières phnom penh en pause

Elle n’a eu aucun autre choix que de partir chercher rapidement du travail, bien consciente des offres d’emplois que les usines de «sweatshops» proposent à tour de bras, c’est ainsi qu’elle fera “affaire” avec 5 d’entre-elles, débutant à 30 dollars par mois en moyenne.

« A l’usine, nous avons le choix d’être salariée “a la pièce” ou mensuellement ». Si Chantan avait choisi d’être rémunérée “à la pièce” cela aurait signifié pour elle d’avoir un patron toujours derrière elle, un patron qui vous intimide et vous menace sans cesse afin d’aller toujours plus vite. Il vous ait interdit de vous lever et encore moins de parler avec d’autres ouvrières.

Mais elle a préféré avoir un salaire mensuel, en devenant son propre patron et n’a pas eu autre choix que de se mettre la pression afin de produire bien plus vite dans des conditions inhumaines.

 

Manifestation phnom penh

Manifestation ouvrière – phnom penh

Son contrat de travail stipule pourtant, conformément à l’organisation International du Travail, qu’elle se doit d’honorer 8 heures de travail par jour, évidemment sur le papier, car la réalité en est toute autre « On vous demande de travailler plus de 12 heures par jour sans congés ni jours fériés ».

Chantan lutte sans cesse pour payer son loyer de 50 dollars par mois, ses 5 autres sœurs aussi, et dans les mêmes conditions. Dès 5 heures du matin, elle prépare à manger et terminera son travail à 20 heures, fera alors ses courses au marché, dînera vers 21 heures puis éreintée moralement et physiquement ira se coucher vers 22 heures, terrassée par la fatigue.

En mai 2013, le salaire minimum dans le textile a été fixe à 100 dollars par mois, avec de nombreuses heures supplémentaires, Chanta ramènera 140 dollars, bien impossible de pouvoir nourrir ses 8 enfants correctement et encore moins de tenter d’épargner quoique ce soit.

Depuis le 1er janvier 2015, un nouveau salaire minimum d’un montant de 128 dollars est entré en vigueur dans le royaume, ce qui entraînerait une croissance du coût de la main d’œuvre d’environ 18 %, encore faut-il qu’il soit respecté, partout..

Par cette mesure, le gouvernement compte ainsi écarter toute nouvelle menace de grève (celles qui ont paralysé le pays en décembre dernier ont coûté tout de même 5,5 milliards de dollars à l’industrie), tout en espérant que la compétitivité du Cambodge n’en souffrira pas.

Fermer les yeux, ne rien savoir, c’est souvent la solution la plus simple au conflit entre éthique et bas prix. Les grandes marques revendiquent pourtant une pseudo-transparence afin de rassurer surtout la conscience de leurs honorables acheteurs..

(A SUIVRE..)

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Cédric

Responsable chez cambodge.eu
Expatrié au Cambodge depuis 8 ans et passionné par ce merveilleux pays, je propose aux lecteurs, par le biais de différents articles, les dernières actualités du royaume, mais aussi des avis et critiques sur les Restaurants et Hôtels du royaume.
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