Les organisations terroristes : Un calque sur le modèle des Khmers rouges ?

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Le 17 avril 1975, Phnom Penh, assiégée depuis plusieurs mois, tombait désespérément aux mains des Khmers rouges, avant que Saïgon ne tombe ensuite aux mains de l’armée nord-vietnamienne.

Se rappeler aujourd’hui ce que fut la politique terrifiante des Khmers rouges conduit à percevoir d’une façon différente les violences dans lesquelles se précipite une partie croissante du monde musulman, et surtout d’en relativiser précisément la nature musulmane.

Rejeter les idées de l’occident

Plus de la moitié des cadres Khmers rouges s’étaient formée en France, alors en pleine Guerre d’Indochine et surtout à une époque où l’influence de l’Union soviétique était considérable et où le système communiste s’étendait sur une Chine particulièrement surannée.

La vision d’une organisation impériale, capable de substituer rapidement à l’économie « libérale » et aux valeurs « bourgeoises » importées d’occident, un système collectiviste et égalitariste, autant que leur admiration pour les révolutionnaires radicaux, sont alors venus étayer la légitime amertume engendrée chez ces élites par l’humiliation coloniale.

La prise de Phnom Penh leur permit de généraliser leur politique progressivement mise en œuvre dans les régions déjà tombées sous leur contrôle.

Phnom Penh, considérée comme le point de débarquement de la corruption occidentale au Cambodge, fut immédiatement évacuée sous la menace des armes, y compris les malades hospitalisés, dont les cadavres jonchèrent très rapidement les routes, les voitures rapidement incendiées.

S21 - Khmers rouges

 

Cette masse de citadins, considérés comme méprisables pour l’occidentalisation relative de leur mode de vie, furent alors menées, dans les campagnes les plus profondes, installées dans des camps rudimentaires, contraintes à des travaux agricoles éprouvants, ainsi qu’à une existence communautaire délibérément destructrice de leur famille.

Considérées comme adeptes de la culture occidentale, les enseignants, les personnes portant des lunettes, ou encore comme celles connaissant une langue étrangère, furent impitoyablement liquidées.

Persécutions religieuses, déportations, sous-alimentation, emprisonnement et tortures, anéantissement de l’individu, tout ceci était conçu afin d’éradication les traditions archaïques, mais surtout « purifier » la culture khmère de toutes influences corruptrices qu’elle avait ou pouvait subir, dans les villes, de la part d’un Occident totalement méprisé.

 

Une histoire qui se répète ?

Cette recherche insensée de pureté par l’influence de l’Occident trouve inévitablement son écho quarante ans plus tard, les organisations terroristes démentielles d’Al Qaida, ou encore de Boko Haram, combattent avec acharnement pour un modèle de société fondé sur une liberté individuelle d’angoissante, sur l’affirmation de soi, bien peu clément envers ceux qui n’ont reçu ni éducation structurante ni formation rigoureuse.

Education terroriste

al qaeda – Télévision Al Jazeera

Ces entreprises proposent aux désorientés, aux humiliés de la société, le réconfort et la séduction d’un système totalitaire, l’engagement collectif pour une grande cause, donc forcément sécurisant.

Leur attrait est d’autant plus puissant que des millions d’hommes arabes, souvent sans emploi, subissent des frustrations. La tentation devient alors particulièrement forte d’aller chercher refuge dans les bras d’un dieu vengeur.

Evidemment la comparaison que nous vous proposons, ne peut écarter, d’importantes différences, comme le caractère politique du projet des Khmers rouges, limité aux frontières du pays, alors que celui de ces organisations est de fonder un successeur international.

Elle suscite toutefois une attention toute particulière, car elle conforterait l’idée selon laquelle l’Islam, fondé sur des textes, permettant toutes les lectures, serait aujourd’hui, et malgré lui, le simple mécanisme, le seul et simple support d’un autoritarisme de revanche, sur un monde aux insolents succès, mais n’en serait, malgré de brutales revendications, ni la source et encore moins l’essence.

Faut-t-il, 40 ans plus tard, encore pleurer des atrocités perpétuées par les Khmers rouges au Cambodge sans se soucier de l’avenir de l’humanité ?

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Cédric

Responsable chez cambodge.eu
Expatrié au Cambodge depuis 8 ans et passionné par ce merveilleux pays, je propose aux lecteurs, par le biais de différents articles, les dernières actualités du royaume, mais aussi des avis et critiques sur les Restaurants et Hôtels du royaume.
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